Guide
Le carnet d’entretien des machines de chantier
Mis à jour le 23.10.2026
Un carnet d’entretien, c’est l’historique écrit de chaque machine : services, réparations, pièces, contrôles et heures au compteur. Bien tenu, il évite des pannes, prouve que l’entretien a été fait et fait monter le prix à la revente. Voici ce qu’il doit contenir, comment le tenir et comment le mettre en place en une heure.
Qu’est-ce qu’un carnet d’entretien d’engin de chantier ?
C’est le dossier de vie d’une machine. Pour une pelle, une chargeuse, une mini-pelle, un dumper ou une nacelle, il réunit tout ce qui a été fait dessus depuis son arrivée dans l’entreprise. Chaque ligne dit quoi, quand, à combien d’heures, par qui et pour quel coût.
Dans beaucoup d’entreprises, ce carnet existe déjà en morceaux : des factures du concessionnaire dans un classeur, un cahier à l’atelier, des notes dans la tête du mécanicien. Le problème n’est pas l’absence d’information, c’est qu’elle est dispersée. Le jour où il faut la retrouver (panne, contrôle, vente), personne ne sait où chercher.
Pourquoi tenir un carnet d’entretien pour vos engins ?
La première raison est simple : les pannes coûtent plus cher que l’entretien. Un service oublié, un filtre à air jamais changé, une fuite hydraulique signalée mais pas suivie, et la machine s’arrête en plein chantier. Le carnet montre ce qui est dû et ce qui traîne.
La deuxième raison, c’est la revente. Un acheteur paie plus volontiers une machine dont il voit l’historique complet, services faits à l’heure et réparations documentées. Sans papiers, il suppose le pire et négocie en conséquence.
Troisième raison : les contrôles. Lors d’une visite de la Suva, d’une expertise après un sinistre ou d’un audit client, il faut pouvoir montrer ce qui a été fait. Un carnet imprimable répond en quelques minutes.
Enfin, il y a la loi. En Suisse, l’art. 32b OPA demande d’entretenir les équipements de travail conformément aux indications du fabricant, en tenant compte de leur usage et du lieu d’exploitation, et de consigner les résultats de l’entretien. La responsabilité reste celle de l’employeur ; les détails sont dans notre guide sur l’obligation d’entretien.
Que doit contenir le carnet d’entretien d’une machine ?
Un bon carnet n’est pas un roman. Il doit permettre à quelqu’un qui ne connaît pas la machine de comprendre son état en deux minutes. Voici une liste concrète, à adapter à votre parc :
- Identification : marque, modèle, numéro de série, année, numéro interne.
- Compteur d’heures relevé à chaque intervention, et régulièrement entre deux.
- Services faits : date, heures au compteur, travaux, huiles et filtres remplacés, qui l’a fait.
- Échéances : prochain service en heures, contrôles et inspections en date.
- Réparations : panne constatée, cause, travaux, statut (en cours, attente de pièce, terminée), durée d’immobilisation.
- Pièces : référence, fournisseur, date de montage, garantie.
- Contrôles : résultat, défauts relevés, mesures prises.
- Coûts : pièces et main-d’œuvre, pour savoir ce que coûte vraiment chaque machine.
- Documents : factures, rapports de contrôle, photos des dégâts, notice du constructeur.
Carnet papier, Excel ou logiciel de suivi : que choisir ?
Le cahier papier a de vrais avantages. Il reste dans la cabine, ne demande ni batterie ni réseau, et tout le monde sait s’en servir. Mais il se salit, se perd, et ne donne aucune vue d’ensemble : pour savoir quelles machines arrivent au service, il faut ouvrir chaque cahier.
Le tableau Excel est gratuit et souple. Pour deux ou trois machines suivies par une seule personne, il suffit souvent. Les limites arrivent vite ensuite : un fichier sur un seul ordinateur, plusieurs versions qui circulent, pas de rappel, pas de photos, et une ligne effacée par erreur disparaît sans trace. Surtout, le machiniste sur le chantier n’y a pas accès.
Un logiciel de suivi de l’entretien coûte un abonnement et demande un peu de mise en place. En échange, tout le monde écrit au même endroit, depuis le chantier comme depuis l’atelier, les échéances sont calculées et les rappels partent seuls. Il ne remplace pas le bon sens du mécanicien : il évite seulement que l’information se perde.
Notre avis honnête : si vous avez moins de trois machines et une seule personne qui s’en occupe, un tableau bien tenu peut suffire. Au-delà, ou dès que plusieurs personnes interviennent, un carnet numérique comme Godet fait gagner du temps chaque semaine.
Démarrer en une heure avec Godet
Godet est un carnet d’entretien numérique conçu en Valais par un ancien mécanicien d’engins de chantier. Il fonctionne dans le navigateur, sur ordinateur, tablette ou téléphone, sans rien installer. Voici comment mettre votre parc en place en une heure environ :
- Ajoutez vos machines une par une, ou importez votre liste Excel existante. Chaque machine apparaît dans un garage 3D, en vert, orange ou rouge selon son état.
- Vérifiez les échéances. Chaque nouvelle machine reçoit un service toutes les 500 heures et un contrôle annuel de sécurité ; adaptez-les au manuel du constructeur.
- Notez le dernier service connu et le compteur actuel. Les échéances suivantes se calculent seules.
- Imprimez les étiquettes QR et collez-les dans les cabines. Un scan avec le téléphone ouvre la fiche de la machine, même sans réseau : la saisie part au retour de la connexion.
- Invitez vos machinistes et mécaniciens, chacun avec son rôle. Le machiniste relève les heures (ou photographie le compteur, la lecture est proposée puis vérifiée) et signale un défaut.
- Activez les rappels par e-mail, quotidiens ou hebdomadaires.
Qui remplit le carnet, et quand ?
Un carnet ne vaut que s’il est rempli. La règle qui marche : celui qui fait le travail l’écrit, tout de suite, en deux lignes. Le mécanicien note le service à la fin de l’intervention, pas le vendredi soir de mémoire. Le machiniste relève le compteur une fois par semaine et signale ce qu’il voit : fuite, bruit, voyant allumé.
Le chef d’atelier, lui, regarde la vue d’ensemble : ce qui arrive à échéance, ce qui est en retard, ce qui attend une pièce. Une saisie ne doit jamais être effacée ; si elle est fausse, on la barre avec un motif. C’est ce qui donne de la valeur au carnet lors d’un contrôle.
Pour savoir à quel rythme planifier les services, lisez notre guide sur les intervalles d’entretien des engins.
Questions fréquentes
Le carnet d’entretien des machines de chantier est-il obligatoire en Suisse ?
L’art. 32b OPA demande d’entretenir les équipements de travail selon les indications du fabricant et de consigner les résultats. La forme n’est pas imposée : papier, tableau ou logiciel. Pour les détails, renseignez-vous auprès de la Suva et du constructeur.
Un tableau Excel suffit-il comme carnet d’entretien ?
Pour quelques machines suivies par une seule personne, souvent oui. Dès que plusieurs personnes interviennent ou que le parc grandit, les versions multiples, l’absence de rappels et l’accès impossible depuis le chantier deviennent un problème.
Combien de temps garder l’historique d’une machine ?
Le plus simple est de le garder pendant toute la vie de la machine dans l’entreprise, puis de le remettre à l’acheteur. Un historique complet rassure lors de la revente et lors d’une expertise.
Un logiciel d’entretien remplace-t-il la télématique de mes machines ?
Non, les deux se complètent. La télématique donne la position et les heures. Le carnet garde ce qui a été fait sur la machine, par qui, avec quelles pièces et à quel coût.